Tendre vers l’inatteignable

Retour sur la retraite d’écriture du 9 au 14 août 2026

Nous n’aurions plus de grands récits, entend-on souvent. Cet été, nous avons vécu le contraire. Il y en a en abondance. Il suffit de leur donner vie. De les relier par des exercices d’écriture à nos vies. Du coup, ces récits parlent de nous directement et ont une force créatrice.

Ils nous offrent ce dont nous avons le plus besoin : sécurité, reconnaissance, réconfort, espoir et courage. Ils deviennent animés, remplis d’expériences et reconnaissables. Le plaisir de copier les anciens héros qui, eux aussi, ont dû se frayer leur chemin à travers la vie.

A travers des exercices d’écriture, nous avons pris le temps d’explorer l’Épopée de Gilgamesh. Un récit expressif d’un roi hyperactif qui ne cesse de se battre et de faire l’amour, jusqu’à en perdre son meilleur ami. Alors, il décide de devenir immortel et se heurte à ses propres limites.

Nous nous sommes plongés dans nos quêtes au cœur de nos propres mécanismes de défense et de nos essais avortés . Jusqu’à ce que nous ayons eu le courage de regarder l’inaccessible en face : c’est là que tout bascule.

Je nous souhaite de bien commencer cette nouvelle saison et d’y prendre du temps pour écrire.

Court, long ou très long. Tout commence par une décision, peut-être celle-ci.

Pauline Weseman

Ulla Berger a été notre cuisinière bénévole. Elle a préparé tout au long de la retraite de délicieux repas avec des produits locaux frais. Chaque jour, des légumineuses sous toutes leurs formes, toujours accompagnées d’un magnifique petit conte spirituel !

« J’ai trouvé le programme riche et varié : l’inspiration apportée par diverses personnes – nous, les participants, y compris – la pause bien méritée après le déjeuner, toujours délicieux, l’écriture en forêt, la peinture et le coloriage, les réflexions philosophiques et nos promenades du soir dans les bois, avec des troncs dorés sous le soleil couchant. Et en prime, l’éclipse de soleil !

Ce que j’emporte, c’est la force de l’écriture autobiographique : comment quelque chose d’inconscient peut être touchée et mis par écrit, et la vue d’ensemble d’une vie mûre qui permet de voir un moment du passé à travers une lumière plus chaleureuse et plus précieuse. J’emporte aussi la force de l’écoute collective dans le silence, sans jugement, et ce sentiment de libération qui en découle. »

Susana Rusch