Traversée de nuit

Samedi 7 novembre 2026

16h Atelier – 17h Marche – 18h concert – 19h30 repas

L’entrée dans la nuit est toujours un passage particulier qui accompagne chaque jour de nos vies. La nuit, par ses ténèbres enveloppantes et son silence assourdissant, peut être à la fois un moment d’angoisse, car dangereuse, mais aussi de repos où tout s’apaise. La nuit est le séjour des morts mais elle est aussi étoilée, son manteau nous protège.

Les Anciens ressentaient avec force ce sentiment si particulier que l’on peut éprouver à l’approche de la nuit et à l’intérieur de la nuit, et personnifiaient la Nuit, mais aussi et surtout les Aurores (l’entrée et la sortie de la nuit) par diverses divinités. Nous partirons donc ensemble, pour une traversée symbolique de la nuit, avec la déesse indienne de la forêt, Araṇyānī́.

Ce spectacle se bâtira comme un récit initiatique où nous voyagerons avec les âmes des morts et les créatures de la nuit. Des textes et chants de différentes cultures et traditions et en diverses langues, chants anciens, traditionnels et lyriques (tradition ancienne, tradition juive, culture classique occidentale, opéra), textes en sanskrit, grec, latin, français et hébreu, illumineront notre chemin dans les profondeurs du monde en tant que prières à la Nature et au Divin qui repose au plus profond de chacun de nous.

Le théorbe, grand luth baroque, accompagne cette traversée comme une voix de l’ombre. Son timbre grave et résonnant dialogue avec la nuit, soutient la voix et ouvre un espace d’écoute intérieure. Instrument du clair-obscur, il devient le fil sonore reliant silence, texte et chant.

Les sonorités profondes de cet ancien instrument épousent les mouvements de l’âme et du récit pour l’enraciner dans les différentes cultures et styles musicaux du programme.

L’accompagnement de chaque morceau a été travaillé et adapté de manière spécifique selon les styles et les atmosphères du spectacle. Des morceaux en solo ajoutent des espaces de respiration entre des époques et des cultures différentes.

Programme

16h Au Promontoire6 Route des Crêtes, 67220 Urbeis

Atelier : Explication du texte sanskrit qui a inspiré le spectacle (symbolique et portée dans la spiritualité indienne), du fonctionnement du vers sanskrit et des techniques utilisées pour apprendre et psalmodier ces textes. Chant d’un mantra tous ensemble.

Par Patrick Moisson et Sarah Bernard

17h Du Promontoire au Temple du Climont

Marche silencieuse à la tombée de la nuit dans la forêt à la rencontre des sensations et ressentis de la nuit.

Guidée par Alexandra Breukink

18h Au Temple du Climont

Spectacle « Traversée de la nuit » : récit symbolique d’une traversée de la nuit à travers des  textes et chants de différentes traditions accompagnés au théorbe.

Par Sarah Bernard et Mauro Rampazzo

Après le concert : retour au Promontoire pour un repas convivial !

Toutes ces activités peuvent être suivies individuellement les unes des autres selon vos souhaits et contraintes, même si elles forment un tout cohérent.

Et si vous avez aimé, vous pourrez récompenser le gros travail des artistes par un libre don. Une corbeille sera mise à disposition pour cela.

Sarah Bernard

Faire vivre la tradition à travers des spectacles spirituels libres : chant lyrique spirituel

photo : Dominique Ludaescher

Enfant déjà je chantais, je contemplais la nature et me passionnais pour la grammaire. La grammaire me donnait une structure, avec la nature je vivais la conscience du monde et le chant me permettait d’exprimer cet élan de vie si fort en moi. Ainsi, j’ai naturellement suivi des études de lettres classiques (latin et grec ancien) qui m’ont amenée également, avec une spécialité en linguistique, à découvrir d’autres univers et d’autres langues comme l’hébreu, l’araméen et le phénicien entre autres. Parallèlement, j’ai suivi pendant toutes ces années des cours de chant lyrique car c’était pour moi la technique qui emmenait le chant à son plus haut sommet et me permettait de m’exprimer en profondeur. Le passage par une troupe de théâtre antique, Démodocos, a ouvert en moi un chemin qui se concrétise aujourd’hui par la pratique d’un chant lyrique spirituel dans divers contextes et une aspiration à créer des espaces spirituels de partage et de ponts entre les différentes cultures et spiritualités.

Mauro Rampazzo

Le théorbe, un instrument hors du temps, vaisseau confortable et léger pour faire voyager les paroles et les chants entre les lumières du crépuscule et de l’aurore, avec toutes les couleurs et les nuances subtiles de ses cordes.

Musicien passionné depuis l’enfance et après des études au Conservatoire de Strasbourg, j’ai exploré au fil des années plusieurs instruments à cordes pincées : guitare, mandoline, luth renaissance et théorbe baroque. Cette curiosité musicale m’a naturellement conduit à cheminer à travers des univers très variés — musique baroque, musiques du monde, jazz — ainsi qu’à collaborer avec d’autres musiciens et des acteurs, notamment dans le cadre du théâtre. J’aime arranger et adapter les musiques de manière singulière, en les mettant au service de chaque projet artistique, afin qu’elles dialoguent avec les textes, les voix et les espaces.

Aujourd’hui, je suis particulièrement heureux de contribuer au spectacle « Traversée de la nuit ». J’y apporte la voix profonde du théorbe, ses sonorités enveloppantes et méditatives, ainsi que la lumière de ma propre recherche spirituelle. Cet engagement artistique s’inscrit en cohérence avec mon parcours théologique et ma mission de prédicateur au service des Églises protestantes (UEPAL), où musique et parole se rejoignent comme chemins d’intériorité et de partage.

Patrick Moisson

Transmettre à un public curieux les moyens d’aborder la beauté de la poésie ancienne et la dimension spirituelle des textes

Après un parcours scolaire chaotique, j’ai eu le bonheur de suivre un cursus universitaire complet guidé par des maîtres qui ont pansé les plaies du cancre avec le baume de la connaissance. Ce sont eux qui m’ont initié à l’Histoire, à l’indianisme et à la lecture du Véda. Après ma thèse, le destin pouvait me conduire à une carrière universitaire mais il en fut autrement et c’est l’Industrie qui a disposé de ma vie professionnelle. Après vingt-cinq années de bons et loyaux services, j’ai pu bénéficier de temps pour moi et je l’emploie à traduire les textes anciens et à partager mes connaissances avec les personnes curieuses. Le cadre de vie que nous avons choisi, mon épouse et moi, favorise l’approche de ces poèmes vibrants de nature.