Danser la vie!

Du samedi 26 juillet au jeudi 31 juillet, Martin et Laurence Gugg nous ont fait danser la valse, le Madison et la Bachata, et nous avons découvert, que la danse est bien plus, que les 4 heures d’apprentissage par jour!

Il s’agit d’une rencontre entre deux personnes, qui cherchent à s’écouter, à guider ou, pas facile, à se laisser guider. Qu’il fallait à deux faire attention aux autres couples dans un même espace. On a touché à nos vulnérabilités, lutté avec la technique, eu des fous rires et des moments de haute concentration, pour se libérer et oser lâcher prise. Et on a vibré de joie tout simplement.

Il y avait ces autres rencontres pour ouvrir la danse différemment encore. Avec des ateliers d’écriture proposés par Anne Prouteau. A chaque jour sa dose de textes et poèmes, de tableaux et fragments de films, où la danse dit tant de choses sur notre désir de vivre.

Voici en quelques mots ce que François Prouteau a partagé autour du livre de Lucy Vincent, neurobiologiste : Faites danser votre cerveau (2018) :

De toute évidence, quand on se risque dans la danse, elle renvoie généreusement l’énergie et le temps qu’on lui donne, elle fait du bien. Non seulement elle permet de s’exprimer dans des mouvements et avec son corps, de se rencontrer autrement dans la relation ou d’éprouver  des sensations agréables de liberté, mais aussi de faire danser notre cerveau comme le souligne Lucy Vincent.

Notre cerveau danse en même temps que notre corps, la danse stimule fortement et de manière tout à fait originale le développement de connexions cérébrales. Car le corps dans la complexité de son évolution, de son fonctionnement, de ses expérimentations et de ses mouvements est lié au cerveau et aux neurones qui se mettent en place et étendent ainsi leurs réseaux. C’est vrai tout particulièrement pour les nouveaux-nés et les jeunes enfants, mais c’est possible aussi à tous les âges de la vie. 

Parmi les organes qui permettent à notre intelligence de se développer en faisant bouger notre corps, il y a le cerebellum ou cervelet. Constitué de 69 milliards de cellules et des liens qu’il peut établir entre différentes autres zones du cerveau (fonctions cognitives, émotionnelles, sensori-motrices), le cervelet joue le rôle d’un véritable chef d’orchestre pour la coordination de mouvements complexes mis en lien avec des réseaux cognitivo-affectifs, comme le montrent de nombreuses études en neurobiologie. La danse offre un terrain de jeux de premier ordre pour exercer son cerveau à tirer profit de la complexité des mouvements et de la maîtrise accrue de toutes les régions du corps entre elles et en relation avec le monde. Dans ce sens, les chercheurs explorent les spécificités de telle ou telle danse. Ainsi, le paso-doble pourrait doper la créativité, le tango forger des liens d’attachement et d’émotions très positives, … Globalement les danses de salon ou des chorégraphies de groupe aident à enclencher ou à réenclancher des mécanismes d’engagement collectif et d’appartenance à un groupe. On connaît la force du haka sur des terrains de rugby ! On a pu l’expérimenter aussi durant la session avec le Madison ou encore avec des danses traditionnelles et leurs cercles circassiens. 

La danse est un moyen unique et puissant pour assurer des interactions avec la plus grande ressource qui soit dans notre environnement : l’ensemble des autres cerveaux humains qui nous entourent, et la danse est un moyen d’exercer nos cerveaux à interagir ente eux par nos corps qui interagissent dans un mouvement dansant. Car la danse comme nul autre art mobilise tout à la fois l’ensemble de notre corps, nos sens et notre intelligence, la maitrise de nos gestes et de nos pas, un espace hospitalier et libérateur de rencontres humaines dynamiques et sans cesse renouvelées, avec l’élégance et la rigueur d’un « cadre » nécessaire à cela comme nos professeurs de danse nous l’ont rappelé très souvent à propos de la valse … 

Alors dansons maintenant !

Avec Chris Doude van Troostwijk, nous avons lu le très beau texte Philosophie de la danse de Paul Valéry . Selon Valéry la danse fait partie des choses qui ne servent à rien. Dans la danse la vie déborde de la nécessité de vivre. Mais c’est justement dans ce surplus, que se trouve toute notre humanité. De ses pas et de ses gestes, la danseuse et le danseur tissent un autre monde. La danse révèle ainsi le principe des arts: l’affirmation qu’un autre monde est possible!

Et puis, il y a eu ce petit bal accompagné par l’accordéon de Quentin André pour terminer :

Grand merci à Danielle Rybienik, qui au pied levé est entrée dans la danse pour nous faire à manger et à Michel, Nathan et Jean-Claude pour les tartes flambées !

… et je danse

J’ai tendu des cordes

de clocher à clocher ;

des guirlandes

de fenêtre à fenêtre;

des chaînes d’or d’étoile à étoile,

et je danse.

Arthur Rimbaud

extrait de « Les illuminations » 1886

2 commentaires sur « Danser la vie! »

Répondre à Philippe Nussbaum Annuler la réponse.