La dentelle à l’aiguille comme vecteur de liens humains
Nous venons de recevoir ce retour en images de la résidence de Winniefred Sharp en mai de cette année :
» Petit retour photo et vidéo sur ma résidence artistique de mai au sein des Vosges à ABC-Climont. De nombreuses heures d’ateliers à apprendre à chaque personne à faire son hexagone, et encore plus d’heures à réaliser ma grande abeille noire, tout cela en écoutant les oiseaux chanter par la fenêtre. C’était ma première résidence artistique et ce fut une expérience magnifique, bercée par la nature et la chaleur humaine, sans oublier le meilleur pain et les meilleurs yaourts de ma vie ♥ C’était ma deuxième fois au Climont, et je l’espère, pas la dernière ♥ »
Winniefred Sharp
Un grand merci Winniefred pour ce beau retour en image ! Ta vidéo tombe à pic ! Maintenant que l’équipe d’ABC-Climont est en train de ranger l’année 2025 et de faire le point, ces images sont un beau souvenir ét encouragement pour la préparation du nouveau programme pour 2026 ! Tu as non seulement tissé des liens avec les humains, mais aussi avec tous ces autres habitants du Climont ! C’est en ce tissage de liens que nous voulons continuer à mettre toute notre énergie !
Et n’hésite pas à toquer à notre porte pour de nouvelles aventures !
Presque arrivé au bout de l’année 2025 sur le thème Attention! , ABC-Climont a invité le philosophe Olivier Abel. Ensemble avec lui, et en bonne compagnie d’autres philosophes, nous avons essayé d’analyser nos inquiétudes par rapport aux mécanismes de l’économie de l’attention avec ses procédés pour la capter et placer nos cerveaux en dépendance. Dans un monde embrumé de nuages d’informations, comment discerner l’important du négligeable? Comment se rendre disponible pour ce qui importe vraiment et développer d’autres formes d’attention? Comment prêter attention dans le sens de se soucier de : prendre soin de l’âme, des autres et du monde…
Un grand merci à toi, Olivier, de nous avoir rappelé la puissance et le trésor qu’est notre attention!
Conférence, vendredi 7 novembre à 19h30 au Temple Neuf à Strasbourg
Le week-end du 8 et 9 novembre, nous nous sommes retrouvés autour de la grande table du Climont pour approfondir et continuer nos réflexions!
Olivier Abel s’est beaucoup inspiré de la philosophe Simone Weil, qui propose 4 pistes pour guider notre attention : ne rien croire à l’abri du sort, ne jamais admirer la force, ne pas haïr les ennemis, ne pas mépriser les malheureux…
et cette semaine nous continuons à travailler notre attention et accueillant la comédienne Salomé Janus au Climont pour un temps de résidence. Elle travaillera sur sa création « une sorcière en itinérance ».
Pour clôturer sa résidence, elle présentera la pièce de théâtre au Temple du Climont le samedi 15 novembre à 18h. A l’issu du spectacle, il y aura un temps d’échange sur cette histoire des sorcières et la persécution qu’elles ont subi. Car les mécanismes de la chasse aux sorcières sont malheureusement toujours d’actualité et qui demandent toute notre attention.
Avec entre autre, le philosophe Jacob Rogozinski, auteur d’un livre sur la persécution des sorcières : Ils m’ont haï sans raison ».
Un grand merci à Edwàr d’avoir pensé à ABC-Climont comme lieu de résidence et de travail après son concert ici lors de la Fête du Climont en juin. Très heureux d’avoir pu t’y accueillir! Continuons à être des Brückenbauer, Constructeurs de ponts… !
Attention ! Voici le thème d’ABC-Climont pour 2025. Faire attention, être vigilent, s’engager…
Nous en parlerons avec la comédienne Salomé Janus pour l’émission Polychrome, le programme pour tisser du lien sur RCF Alsace. Avec son spectacle « Une sorcière en itinérance », elle nous plonge dans l’histoire douloureuse de la chasse aux sorcières. Mais, à travers cette thématique historique, elle veut aussi avertir que le phénomène est malheureusement toujours d’actualité.
Samedi 15 novembre 2025 à 18h au Temple du Climont
Spectacle suivie d’un temps d’échange
Durée du spectacle 45′ – Tout public, à partir de 6 ans – Entrée libre – Chapeau
Salomé Janus sera en résidence au Climont du 13 au 15 novembre 2025 pour continuer son travail sur sa création « une sorcière en itinérance ».
Pour clôturer sa résidence, elle présentera la pièce au Temple du Climont. A l’issu du spectacle, il y aura un temps d’échange sur cette histoire des sorcières et la persécution qu’elles ont subi. Avec entre autre, le philosophe Jacob Rogozinski, auteur d’un livre sur la persécution des sorcières : Ils m’ont haï sans raison ».
On sait que l’attention est aujourd’hui ce qui manque le plus, à tous égards.
Olivier Abel – De l’humiliation, éd. LLL, p. 20
Dans les temps sombres qui nous entourent, c’est d’abord un appel à la vigilance, telle la sentinelle dans la nuit évoquée par le prophète Ésaïe. Mais notre attention est débordée, et comme embrumée. À quoi accorder notre considération ? Comment se rendre disponible pour l’important ?
Conférence, le vendredi 7 novembre à 19h30 au Temple Neuf à Strasbourg
Week-end du 8 et 9 novembre au Climont
Pour clôturer l’année 2025 sur le thème Attention! , nous sommes heureux d’accueillir le philosophe Olivier Abel au Climont.
Lors du week-end, Olivier Abel propose de réfléchir ensemble sur le sujet de l’attention. Ses propres textes, ainsi que des textes de Hannah Arendt, Nassim Elimari, Søren Kierkegaard, Gilles Lafargue, Marielle Macé, Maurice Merleau–Ponty, Paul Ricœur, Simone Weil, et serviront de fil conducteur.
Pas besoin d’avoir une formation philosophique. Venez avec votre curiosité et votre attention !
Programme du week-end :
Samedi 8 novembre
9h30: Accueil
Attention! Mais sommes nous éveillés ? Analyse de nos inquiétudes par rapport aux mécanismes de l’économie de l’attention avec ses procédés pour la capter et placer nos cerveaux en dépendance.
12h30 : repas
Dans un monde embrumé de nuages d’informations, comment discerner l’important du négligeable? Comment se rendre disponible et développer d’autres formes d’attention?
19h30 : repas
Petit programme du soir
Dimanche 9 novembre
9h : Ouverture
Prêter attention comme se soucier de : Prendre soin de l’âme, des autres et du monde
12h30 : repas
14h : fin
Un week-end de réflexion à haute voix, échanges, lectures & balade
ABC-Climont a proposé dans le off des Sacrées Journées, festival de musique sacrée de Strasbourg, un week-end de rencontres, chants et musiques…
Dans le petit temple du Climont la musique nous a donné souffle, mis en cercle, ouvert à la lumière, faisant le tour de la terre. Face aux fractures du monde, la musique sacrée unit sans uniformiser. Elle éclaire sans dominer. Elle nous appelle à oser la fraternité. Non seulement entre humains, mais avec toutes les créatures !
Le samedi 4 octobre, Beat Föllmi, professeur de musique sacrée et d’hymnologie à la Faculté de Théologie protestante de l’Université de Strasbourg a commencé en présentant la vie de François d’Assise et celle de Milarépa, sage bouddhiste qui invitent, tous deux à célébrer la terre.
Le musicologue a choisi deux versions du Cantique des créatures de François d’Assise et Le chant des labeurs de la terre, un poème mystique bouddhiste de Milarépa, qu’il a mis en musique et dont l’interprétation a été confiée à un quartet de jeunes femmes. Bettina Föllmi a présenté un thangka représentant Milarepa et expliqué les processus de fabrication de ces pièces de tissus ainsi que des explications sur des concepts bouddhistes.
Le lendemain, Yoav Rossano, directeur du patrimoine et Culture au Consistoire Israélite du Bas-Rhin a animé unatelier autour des récits bibliques de Genèse 1 et 2 et Madeleine Zeller, une analyse, du tableau LeParadis de Marc Chagall.
L’après-midi a été consacré aux répétitions du concert.
Agnès Keller, cheffe de chœur a relevé le gant en dirigeant une chorale éphémère dont elle ne connaissait pas à l’avance le nombre de participants ni leur tessiture.
A 18 h, La violoniste et chanteuse Emma Errera et le guitariste Clément Dague ont ouvert le récital avec brio. Des chants sépharades, ashkénazes ou hassidiques autour de la genèse, tantôt mélancoliques, tantôt joyeux, ont résonné dans le petit temple du Climont pendant une demi-heure.
La chorale improvisée a interprété 4 chansons autour du thème de la terre, accompagnée par Nello Dronne au clavier et Michel Seyer aux percussions leur conférant une atmosphère chamanique.
Ludivine Amann, J.C. Gandemer, Angela Nayar, Louna Tournier – – Petitcolas, également accompagnées par Nello Dronne au piano, ont clos le concert avec l’interprétation du poème Le chant des labeurs de la terre de Milarepa et le Cantique des Créatures de François d’Assise. Le choix des mélodies a conféré un air de modernité à ces textes anciens. Une des chanteuses s’est même essayé à la beatbox avec succès et le public a repris Laudate Si avec joie !
Nous devons donc nous-mêmes devenir des lucioles et reformer par là une communauté du désir, une communauté des lueurs émises, de danses malgré tout, de pensées à transmettre.
Avec le temps qui s’écoule, chaque jour apporte son lot d’incendies à travers le monde.
Il y a le feu qui embrase les forêts, les villages et les territoires, qui sème la désolation et qui s’amplifie avec les dérèglements climatiques jusqu’à échapper à tout contrôle.
Il y a la haine et les mensonges en ligne, qui consument les âmes et enflamment la toile dont les fils tissent un piège qui égare et emprisonne.
Il y a la haine des princes de ce monde, milliardaires autocrates qui manipulent et terrorisent, dont les drones, les missiles et les exactions sont un rouleau de feu destiné à imposer leur « paix ».
Mais aussi, chaque jour, il y a cette brise légère, joyeuse, fragile, cette petite flamme de la vie nourrie de tendresse et de paix que nous devons protéger et faire grandir, une flamme qui ne détruit pas, qui tisse des liens, qui rend humble et solide.
ABC-Climont, comme tant d’autres, fête cette flamme, comme en ce début octobre avec les Sacrées Journées, où la musique rassemble, apaise, élève et nous rend plus déterminés face à tous les incendies du monde…
Concert : le dimanche 5 octobre à 18h au Temple du Climont
Le Cantique des Créatures de François d’Assise, Le chant des labeurs de la terre de Milarépa, le jardin d’Eden à travers l’œil de Chagall et la musique klezmer…
La planète vibre de toutes les musiques sacrées du monde. C’est ce que cette image nous dit : Autour de la Terre, la musique devient souffle, cercle, lumière. Elle révèle la part divine de l’humanité. Face aux fractures du monde, la musique sacrée est une réponse. Elle unit sans uniformiser. Elle éclaire sans dominer. Elle nous appelle à oser la fraternité.
Attention ! Voici le thème d’ABC-Climont pour 2025. Faire attention, être vigilent, s’engager… Mais où trouver les leviers pour agir face à la polarisation, qui traverse nos sociétés et divise les gens ? Beaucoup ont perdu l’espoir que la politique pourrait nous aider à renouer des liens et sont exaspérés en regardant la scène politique. Nous en parlons avec Louise Morel.
Elue députée de la 6ème circonscription du Bas-Rhin en 2022 à l’âge de 26 ans. Réélue après la dissolution en 2024, la jeune femme ne cesse de souligner que le processus démocratique fonctionne, et elle exhorte jeunes et moins jeunes à s’engager dans l’action politique, pour faire vivre la démocratie.
Cet été, Ulysse Gounelle et Nathan Doude van Troostwijk avaient invité Louise Morel pour le Summerschool d’ABC-Climont pour parler d’espérance et politique avec des jeunes adultes venus du Moyen-Orient, d’Afghanistan, d’Angleterre et de la France.
Du samedi 26 juillet au jeudi 31 juillet, Martin et Laurence Gugg nous ont fait danser la valse, le Madison et la Bachata, et nous avons découvert, que la danse est bien plus, que les 4 heures d’apprentissage par jour!
Il s’agit d’une rencontre entre deux personnes, qui cherchent à s’écouter, à guider ou, pas facile, à se laisser guider. Qu’il fallait à deux faire attention aux autres couples dans un même espace. On a touché à nos vulnérabilités, lutté avec la technique, eu des fous rires et des moments de haute concentration, pour se libérer et oser lâcher prise. Et on a vibré de joie tout simplement.
Il y avait ces autres rencontres pour ouvrir la danse différemment encore. Avec des ateliers d’écriture proposés par Anne Prouteau. A chaque jour sa dose de textes et poèmes, de tableaux et fragments de films, où la danse dit tant de choses sur notre désir de vivre.
Voici en quelques mots ce que François Prouteau a partagé autour du livre de Lucy Vincent, neurobiologiste : Faites danser votre cerveau (2018) :
De toute évidence, quand on se risque dans la danse, elle renvoie généreusement l’énergie et le temps qu’on lui donne, elle fait du bien. Non seulement elle permet de s’exprimer dans des mouvements et avec son corps, de se rencontrer autrement dans la relation ou d’éprouver des sensations agréables de liberté, mais aussi de faire danser notre cerveau comme le souligne Lucy Vincent.
Notre cerveau danse en même temps que notre corps, la danse stimule fortement et de manière tout à fait originale le développement de connexions cérébrales. Car le corps dans la complexité de son évolution, de son fonctionnement, de ses expérimentations et de ses mouvements est lié au cerveau et aux neurones qui se mettent en place et étendent ainsi leurs réseaux. C’est vrai tout particulièrement pour les nouveaux-nés et les jeunes enfants, mais c’est possible aussi à tous les âges de la vie.
Parmi les organes qui permettent à notre intelligence de se développer en faisant bouger notre corps, il y a le cerebellum ou cervelet. Constitué de 69 milliards de cellules et des liens qu’il peut établir entre différentes autres zones du cerveau (fonctions cognitives, émotionnelles, sensori-motrices), le cervelet joue le rôle d’un véritable chef d’orchestre pour la coordination de mouvements complexes mis en lien avec des réseaux cognitivo-affectifs, comme le montrent de nombreuses études en neurobiologie. La danse offre un terrain de jeux de premier ordre pour exercer son cerveau à tirer profit de la complexité des mouvements et de la maîtrise accrue de toutes les régions du corps entre elles et en relation avec le monde. Dans ce sens, les chercheurs explorent les spécificités de telle ou telle danse. Ainsi, le paso-doble pourrait doper la créativité, le tango forger des liens d’attachement et d’émotions très positives, … Globalement les danses de salon ou des chorégraphies de groupe aident à enclencher ou à réenclancher des mécanismes d’engagement collectif et d’appartenance à un groupe. On connaît la force du haka sur des terrains de rugby ! On a pu l’expérimenter aussi durant la session avec le Madison ou encore avec des danses traditionnelles et leurs cercles circassiens.
La danse est un moyen unique et puissant pour assurer des interactions avec la plus grande ressource qui soit dans notre environnement : l’ensemble des autres cerveaux humains qui nous entourent, et la danse est un moyen d’exercer nos cerveaux à interagir ente eux par nos corps qui interagissent dans un mouvement dansant. Car la danse comme nul autre art mobilise tout à la fois l’ensemble de notre corps, nos sens et notre intelligence, la maitrise de nos gestes et de nos pas, un espace hospitalier et libérateur de rencontres humaines dynamiques et sans cesse renouvelées, avec l’élégance et la rigueur d’un « cadre » nécessaire à cela comme nos professeurs de danse nous l’ont rappelé très souvent à propos de la valse …
Alors dansons maintenant !
Avec Chris Doude van Troostwijk, nous avons lu le très beau texte Philosophie de la danse de Paul Valéry . Selon Valéry la danse fait partie des choses qui ne servent à rien. Dans la danse la vie déborde de la nécessité de vivre. Mais c’est justement dans ce surplus, que se trouve toute notre humanité. De ses pas et de ses gestes, la danseuse et le danseur tissent un autre monde. La danse révèle ainsi le principe des arts: l’affirmation qu’un autre monde est possible!
Et puis, il y a eu ce petit bal accompagné par l’accordéon de Quentin André pour terminer :
Grand merci à Danielle Rybienik, qui au pied levé est entrée dans la danse pour nous faire à manger et à Michel, Nathan et Jean-Claude pour les tartes flambées !