Petit carnet de bord

Les tentes sont pliées, les bancs et tables rangés…

Un petit retour sur le Festival du Silence III, qui a eu lieu du 23 au 25 mai 2026

sous le signe de la Démocratie

Un grand merci à l’équipe de préparation, aux bénévoles, aux personnes qui ont partagé leurs inquiétudes, questions, engagements et joies par rapport à notre vivre ensemble!

Un grand merci à l’UEPAL pour le partenariat et la gratuité du Grand Pique-Nique du Vivre Ensemble !

Un grand merci à tous ceux et celles venus à la recherche d’une démocratie vivante !


Samedi 23 mai

Il y a des silences comme des formes de résistance : 

Avec son film « les mains tendues », Jean-Marie Gérardin du Climont a raconté comment des familles autour du Climont ont mis en place une véritable filière de passage clandestine, permettant de faire traverser des personnes à travers les forêts et les chemins de la plaine du Hang, au péril de leur vie.

Avec leurs guitares Sylvie Parlati et Luis Orias Diz de MokaDuo ont magnifiquement interprété  des sonorités cubaines d’Eduardo Martin à l’univers brésilien d’Egberto Gismonti.

Le concert proposé par l’association Augusta Victoria était entrecoupé par des poèmes d’Amérique Latine évoquant les combats pour la démocratie.

Le guitariste, Luis Orias Diz, né sous la dictature en Argentine, a prêté voix en espagnol et a raconté comment ces poèmes résonnaient avec son expérience du silence, qui règne quand les gens ont peur.

« La guerre est fini

Nous pouvons marcher dans le centre sans avoir peur d’être vus… »

Rage, Regina José Galindo


Dimanche 24 mai

Avec le philosophe Jacob Rogozinski nous nous sommes penchés sur la crise de la démocratie marquée par le retour des fantômes du passée. S’agit-il d’un pré-fascisme ou d’un pré-totalitarisme ou faut-il les nommer autrement?

Ensuite, nous avons discuté de comment retrouver le sens du politique en s’inspirant de la pensée du sociologue Bruno Latour dans son projet « Où atterrir? ». Comment devenir des « terrestres » et redonner voix à chaque personne, dans ce qu’elle sait faire le mieux: décrire ses attachements à ce dont elle a besoin pour vivre et ce qui la menace dans sa subsistance? Cette démarche d’auto-description de nos conditions d’existence nous a aidé à structurer la journée de lundi.


Lundi 25 mai

Le lundi de Pentecôte nous étions plus de 200, venus en minibus, co-voiturage ou en train, à vélo ou à pied, des trois vallées autour du Climont, du nord, sud et centre d’Alsace, de Strasbourg, Sélestat, Colmar et Mulhouse pour le Grand Pique-Nique du vivre ensemble au Climont.

Une journée ouverte à tous en partenariat avec l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) dans le cadre de son cycle de deux ans de réflexion sur la démocratie. 

La démocratie suppose des personnes prêtes à écouter l’autre, ce qui nécessite silence et attention. Une des meilleures métaphores pour illustrer cela est peut-être l’histoire de Pentecôte. On y retrouve des personnes dont la différence de culture, de langue et de conviction rend la rencontre quasi impossible et pourtant il s’avère qu’au cœur de toute cette diversité une grande communauté humaine émerge.

Une journée où nous nous sommes livrés à l’exercice, – pas toujours facile car on a tellement l’envie de rebondir tout de suite et d’entrer dans la discussion -, à écouter le point de vue de l’autre. Qu’est-ce qui le préoccupe, l’inquiète et l’engage?

Des personnes issues de milieux géographiques, professionnels et religieux très divers se sont réunies dans le cadre d’ateliers abordant des thèmes aussi variés que l’agriculture, l’expérience des réfugiés, la communication non violente, l’écoute de la nature, la réflexion philosophique, le théâtre forum, l’éducation, le travail social, l’écoute des tambours des peuples premiers, l’engagement démocratique et les valeurs spirituelles, la politique locale et européenne…

Un grand buffet composé des bon et beaux plats partagés à permis des échanges animés à l’abri du soleil sous la grande tente !

Le Climont se trouvant sur les anciens routes du sel, des salières démocratiques ont accompagné les tablées en rappelant que chacun.e peut donner du goût au vivre ensemble.

La Grande Assemblée finale a été ouverte par le tambour, portée par des chants hassidiques et soufis, accompagnés du piano et de la clarinette. Des échos de la journée ont été assemblés par des représentants de chaque atelier. Anna Lammfuss et Nicolas Verguin du Collectif ça gronde et l’historienne Frédérique Neau-Dufour, qui avaient prêté leurs oreilles tout au long de la journée, ont partagé leurs impressions pour conclure que l’écoute est essentielle pour une démocratie vivante.

Après une collecte renversée où chacun.e a reçu en cadeau une pensée sur la démocratie, les paroles de l’atelier du théâtre forum nous ont envoyé :

« Nous nous sommes rassemblés pour nous rendre compte que nous étions de plus en plus isolés. 

Nous avons échangé au sujet de manque de communication dans nos sociétés.

Nous nous sommes écoutés et avons pu partager nos points de vue, nos perceptions personnelles.

Il ne nous reste plus qu’à continuellement chercher à comprendre l’autre, son point de vue, son vécu, afin de nous reconnecter. »

Un petit bal folk, exercice démocratique par excellence, laissant la place à chacun et obligeant à être attentif à l’autre, a permis de prolonger encore cette belle journée riche et étonnante…

J-6 du Grand Pique-Nique

Pendant que les températures sont en train de grimper et que la météo s’annonce très belle pour le jour du Grand Pique-Nique du Vivre Ensemble, les premiers Ateliers affichent complet !

Anosha Aaram :

« À travers mon témoignage, je parlera de mon expérience de femme réfugiée, les difficultés liées au déracinement et à l’intégration, ainsi que l’importance de la paix, de la démocratie et de la dignité humaine. »

Pierre Kopp :

« Je veux partager ma conviction selon laquelle notre foi est interrogée fondamentalement par le succès des extrêmes politiques, en particulier l’idéologie d’extrême droite du « RN », et de « Reconquête », dans notre région, et notre pays. L’imminence d’élections cruciales, pose un défi à nos Eglises : oseront-elles devenir davantage profilées et confessantes, et entrer dans une résistance active et non-violente à de telles idéologies discriminantes, séparatrices, et semeuses de haine ?« 

Mais il y en a encore plein d’autres à choisir pour composer votre journée :

Le vivre ensemble

Inquiétudes, indignations et engagements partagés – 2

Les inégalités, l’aggravation du pessimisme

Inquiétudes, indignations et engagements partagés – 1
Attention aux bégaiements de l’histoire !

 » Parce que la démocratie n’est jamais acquise, et que le vivre ensemble mérite qu’on en parle, qu’on le raconte, qu’on le transmette.

Le vivre ensemble, pour moi, n’est pas une idée abstraite : il est né de mon histoire familiale et de mes souvenirs d’enfant. Mon père, originaire de Saxe, vivait en France. Et régulièrement, nous retournions en RDA pour voir mes grands-parents. C’était un voyage chargé d’émotions, de retrouvailles, mais aussi de scènes qui, enfant, m’ont marquée à jamais. Je me revois à cinq ans, assise à l’arrière de la voiture, le nez collé à la vitre. À la frontière, les Vopos apparaissaient, droits comme des statues, le visage fermé, les gestes mécaniques. À leurs côtés, les chiens loups, immenses, assis sur leurs pattes arrière. Ils étaient aussi grands que moi. De véritables fauves. Je me souviens de leurs muscles tendus, de leur souffle puissant, de leurs yeux qui semblaient tout scruter. Je n’avais que cinq ans, et devant ces silhouettes immenses, je me sentais minuscule. Je ne comprenais pas encore ce que je voyais. Je sentais seulement que ce n’était pas un endroit où l’on riait, ni un endroit où l’on parlait. Instinctivement, ma sœur et moi nous taisions. Et puis il y avait ces histoires, chuchotées entre adultes. Des gens qui, du jour au lendemain, disparaissaient. On disait qu’ils étaient « passés à l’Ouest ». Mais ce n’était pas vrai. Ils avaient juste disparu. Eux… et leurs biens. Comme si leur vie avait été effacée d’un trait. Pour un enfant, ces mots sont des ombres. Ils apprennent très tôt que certains mondes peuvent avaler des gens sans laisser de trace. Des années plus tard, à la chute du mur, j’ai vu les rues s’illuminer, les visages s’ouvrir, les larmes couler. J’ai vu des familles se retrouver… mais pas toutes. J’ai vu un peuple respirer enfin. Ce moment m’a marquée à jamais. Il m’a appris que la liberté peut renaître, que les murs peuvent tomber, que les peuples peuvent se retrouver. Mais il m’a aussi appris que rien n’est jamais acquis.

Je me souviens d’un détail très concret : les caméras de surveillance que l’on démontait. On les retirait une à une, comme on enlève un poids invisible. Pour moi, c’était un symbole immense : on n’avait plus besoin d’observer les gens. La confiance revenait.

Et aujourd’hui, quand je vois ces caméras réapparaître partout — pour de multiples raisons, il paraît que le monde change… — je ressens un pincement au cœur. Parce que je sais, pour l’avoir vécu, qu’il existe une limite fragile entre la sécurité qui protège et la surveillance qui enferme. Et que cette limite, il ne faut pas la perdre de vue.

Mes inquiétudes d’aujourd’hui sont profondes. Quand j’entends des discours de haine ressurgir, quand je sens la méfiance s’installer entre les gens, quand je vois des murs se reconstruire, je repense à ces chiens loups plus grands que moi, à ces disparitions dont on parlait à voix basse et à toutes les autres choses… Alors même si rien ne se répète jamais exactement de la même manière : attention aux bégaiements de l’histoire.

Mes inquiétudes deviennent indignations. Je m’indigne quand la dignité humaine est piétinée, quand on humilie, quand on exclut. Je m’indigne parce que je sais ce que coûte le silence. Je m’indigne parce que j’ai vu un mur tomber, et je refuse d’en voir d’autres se relever. Et c’est pour cela que je m’engage.

Je m’engage à défendre la liberté, à écouter, à comprendre, à tendre la main. Je m’engage à croire et à dire que le vivre ensemble est possible, même quand tout semble nous pousser à nous diviser. Je m’engage parce que je sais que les murs, même les plus solides, peuvent tomber. La démocratie se nourrit de nos voix, de nos récits, de nos mémoires. Le vivre ensemble n’est pas un héritage, mais une responsabilité. Rappelons nous ce qui nous relie. Parce que je crois que, lorsque nous nous accueillons vraiment, quelque chose s’ouvre — une clarté, un passage — et que cette manière d’habiter le monde ensemble peut faire naître des chemins là où l’on se heurte aux murs. »

Véronique RÖSSLER-RANVIER 11 mai 2026

Un grand merci Véronique pour ce partage!

N’hésitez pas à nous partager vos inquiétudes, indignations et engagements comme Véronique vient de le faire.

Vous pouvez nous envoyer votre texte sur la page du Grand Pique- Nique du Vivre Ensemble :

Matinée de jardinage

Pour préparer les rencontres à venir!
Ce mercredi, le 13 mai

Rendez-vous à 9h sur le terrain de basket du Climont pour une matinée de jardinage.

Comme l’année dernière nous allons préparer le terrain pour les évènements à venir .

Le jardinage sera accompagné par l’équipe de bénévoles de l’association « Nature et Vie chrétienne » .

Nous terminerons notre travail autour d’un bon repas !

Apportez vos outils de jardinage ! Chaque main compte !

Les rencontres à venir :

N’oubliez pas de vous inscrire pour:

  • Le voyage culinaire du samedi 6 juin
  • Le repas de midi du dimanche 7 juin

Inscription Stages d’été

Summer School

Récits en guerre : Comment les narratifs créent conflits et cohésion

6 – 10 juillet 2026 | Le Climont

Le Summerschool s’adresse a des jeunes adultes (18 – 30 ans) d’Europe et du Moyen Orient.

Langue: anglais

Reiken naar het onbereikbare

Retraite d’écriture en néerlandais avec la journaliste et coach Pauline Weseman.

9 – 14 août 2026 | Le Climont

ça me dépasse…

L’argile, les mains, le feu… , tout un langage.

Stage céramique avec Hélène Gisserot de Terres de rencontres

14 – 20 Août 2026 | Le Climont

Vel’eau tour

De quel paix parlons nous ?

Accueil des jeunes sur leur tour à vélo autour du Rhin sur les traces du Chemin de paix | Friedensweg

20 – 23 Août 2026 | Le Climont

Pour une démocratie vivante

Le Grand Pique-Nique du Vivre Ensemble
Le lundi de Pentecôte – 25 mai 2026 au Climont

Le 30 avril 2026, Jean-Luc Sadorge, vice-président de l’UEPAL, était l’invité d’ABC-Climont pour l’émission Polychrome, le programme interreligieux pour tisser du lien sur RCF Alsace.

Pendant longtemps la démocratie semblait solidement installée et immuable. Depuis quelques années, des événements nous alertent et nous prenons conscience que la démocratie est fragile et peut vaciller à tout moment. C’est dans ce contexte que l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine (UEPAL) propose un cycle d’évènements : s’engager pour une démocratie vivante.

ABC-Climont a été sollicité par l’UEPAL pour organiser « Le Grand Pique-Nique du Vivre Ensemble » le 25 mai, lundi de Pentecôte.

ABC-Climont a accepté ce défi pour construire en partenariat avec l’UEPAL une journée de rencontres et d’échanges avec balades, ateliers, théâtre forum, musique et danse ouverte à tous!

Nous en parlons avec Jean-Luc Sadorge, vice-président de l’UEPAL.

Programme et Inscriptions

9h15 : option : à pied de la gare de Saâles au Climont

  • Accueil à partir de 10h et Ouverture à 11h
  • 11h30 – 12h45 : Premier tour des Ateliers
  • 12h45 – 14h15 : Le Pique-Nique du Vivre Ensemble
  • 14h15 – 15h30 : Deuxième tour des Ateliers
  • 15h30 – 17h : La Grande Assemblée
  • 17h : Départs 

La journée est inter-convictionnelle et intergénérationelle

Pas de frais d’inscription : la journée vous est offerte par l’UEPAL

Pour les infos pratiques et la pré-inscription à la journée, merci de voir le programme détaillé.

La pré-inscription nous aidera dans l’organisation de la journée.

Votre inscription vous garantira une place dans les ateliers.

Vous serez au sec en cas de pluie.

Vous recevrez un formulaire pour vous inscrire aux ateliers.

ABC-News : Avril 2026

C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche  

Pierre Soulages, Artiste – Peintre   

Avec des échos des rencontres passées et les rendez-vous à venir :

  • Le 23 au 25 mai : week-end de Pentecôte : Festival du Silence, Grand pique-nique du vivre ensemble
  • Le 6 et 7 juin: Fête du Climont
  • Et les inscriptions pour les stages d’été

Cher.es ami.es,

Loin des régions tropicales, nous avons le privilège de goûter à la douceur du printemps.

Les juvéniles nuances de verts, la délicatesse de chaque fleur, l’épanouissement des bourgeons révèlent l’irrésistible poussée de la vie et nous donnent toutes raisons d’espérer…

Loin des outrances et des excès de ce monde, l’oiseau façonne son nid de brindilles, le pommier se pare de parfums discrets pour séduire les abeilles et dans la mare, l’escargot et la grenouille rident la surface de l’eau par leurs impatiences printanières.

Joyeux temps de Pâques !

Jean-Pierre PIELA, président d’ABC-Climont

Avec le vidéo !

Petit retour en image de l’atelier d’écriture en mouvement avec Myriam Dhume-Sonzogni et Nathalie Mann sur le thème de la Liberté. Force Vive, Déployé du samedi 28 mars 2026 au Climont avec la vidéo !

Printemps des poètes

Petit retour en image de l’atelier d’écriture en mouvement avec Myriam Dhume-Sonzogni et Nathalie Mann sur le thème de la Liberté. Force Vive, Déployé du samedi 28 mars 2026 au Climont :

Merci à Anna Lamfuss pour le montage de la vidéo !

La rencontre s’est terminée autour d’une lecture poétique de Mirjam Dhume-Sonzogni, des lectures des textes créés lors de l’atelier et une recherche de mots avec le Collectif ça gronde en fin de leur résidence au Climont.

Malgré le froid et la neige, les forces créatrices étaient au rendez-vous !

Un grand merci à tous pour ce beau moment printanier !

DNA – Sélestat, 02042026 Evelyne Deguille

Ce soir : le Printemps !

Puisqu’à l’extérieur le printemps se fait attendre, venez célébrer le Printemps des Poètes bien au chaud autour du poêle avec une lecture poétique de Myriam Dhume-Sonzogni et du Collectif ça gronde !

Rendez-vous à 17h30 au Climont : Le Promontoire – 6 route des Crêtes, 67220 Urbeis – Le Climont


Myriam Dhume-Sonzogni propose une traversée à travers son territoire poétique de ces deux dernières années autour de la libre circulation des voix et des forces exprimées de la terre. Elle reprend quelques textes écrits en pensée avec Gaza ainsi que des extraits d’un recueil non publié à ce jour : Nous, les corps de soie qui, à travers une relecture du mythe de Daphné déploient d’autres manières de faire monde sur des terres vivantes et réinvesties.

Le Collectif ça gronde finira sa semaine de résidence au Climont avec le Printemps des Poètes. Une invitation à savourer des mots, qui parlent de liberté et de projets à venir!

Photo prise début de semaine à 20°