Les tentes sont pliées, les bancs et tables rangés…
Un petit retour sur le Festival du Silence III, qui a eu lieu du 23 au 25 mai 2027
sous le signe de la Démocratie

Un grand merci à l’équipe de préparation, aux bénévoles, aux personnes qui ont partagé leurs inquiétudes, questions, engagements et joies par rapport à notre vivre ensemble!
Un grand merci à l’UEPAL pour la gratuité du Grand Pique-Nique du Vivre Ensemble !
Un grand merci à tous ceux et celles venus à la recherche d’une démocratie vivante !
Samedi 23 mai

Il y a des silences comme des formes de résistance :
Avec son film « les mains tendues », Jean-Marie Gérardin du Climont a raconté comment des familles autour du Climont ont mis en place une véritable filière de passage clandestine, permettant de faire traverser des personnes à travers les forêts et les chemins de la plaine du Hang, au péril de leur vie.

Avec leurs guitares Sylvie Parlati et Luis Orias Diz de MokaDuo ont magnifiquement interprété des sonorités cubaines d’Eduardo Martin à l’univers brésilien d’Egberto Gismonti.
Le concert proposé par l’association Augusta Victoria était entrecoupé par des poèmes d’Amérique Latine évoquant les combats pour la démocratie.
Le guitariste, Luis Orias Diz, né sous la dictature en Argentine, a prêté voix en espagnol et a raconté comment ces poèmes résonnaient avec son expérience du silence, qui règne quand les gens ont peur.
« La guerre est fini
Nous pouvons marcher dans le centre sans avoir peur d’être vus… »
Rage, Regina José Galindo
Dimanche 24 mai

Avec le philosophe Jacob Rogozinski nous nous sommes penchés sur la crise de la démocratie marquée par le retour des fantômes du passée. S’agit-il d’un pré-fascisme ou d’un pré-totalitarisme ou faut-il les nommer autrement?
Ensuite, nous discuté de comment retrouver le sens du politique en s’inspirant de la pensée du sociologue Bruno Latour dans son projet « Où atterrir? ». Comment devenir des « terrestres » et redonner voix à chaque personne, dans ce qu’elle sait fait le mieux: décrire ses attachements à ce dont elle a besoin pour vivre et ce qui la menace dans sa subsistance? Cette démarche d’auto-description de nos conditions d’existence nous a aidé à structurer la journée de lundi.
Lundi 25 mai

Le lundi de Pentecôte nous étions plus de 200, venus en minibus, co-voiturage ou en train, à vélo ou à pied, des trois vallées autour du Climont, du nord, sud et centre d’Alsace, de Strasbourg, Sélestat, Colmar et Mulhouse pour le Grand Pique-Nique du vivre ensemble au Climont.

Une journée ouverte à tous en partenariat avec l’UEPAL (Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine) dans le cadre de son cycle de deux ans de réflexion sur la démocratie.
La démocratie suppose des personnes prêtes à écouter l’autre, ce qui nécessite silence et attention. Une des meilleures métaphores pour illustrer cela est peut-être l’histoire de Pentecôte. On y retrouve des personnes dont la différence de culture, de langue et de conviction rend la rencontre quasi impossible et pourtant il s’avère qu’au cœur de toute cette diversité une grande communauté humaine émerge.








Une journée où nous nous sommes livrés à l’exercice, – pas toujours facile car on a tellement l’envie de rebondir tout de suite et d’entrer dans la discussion -, à écouter le point de vue de l’autre. Qu’est-ce qui le préoccupe, l’inquiète et l’engage?
Des personnes issues de milieux géographiques, professionnels et religieux très divers se sont réunies dans le cadre d’ateliers abordant des thèmes aussi variés que l’agriculture, l’expérience des réfugiés, la communication non violente, l’écoute de la nature, la réflexion philosophique, le théâtre forum, l’éducation, le travail social, l’écoute des tambours des peuples premiers, l’engagement démocratique et les valeurs spirituelles, la politique locale et européenne…



Un grand buffet composé des bon et beaux plats partagés à permis des échanges animés à l’abri du soleil sous la grande tente !
Le Climont se trouvant sur les anciens routes du sel, des salières démocratiques ont accompagné les tablées en rappelant que chacun.e peut donner du goût au vivre ensemble.








La Grande Assemblée finale a été ouverte par le tambour, portée par des chants hassidiques et soufis, accompagnés du piano et de la clarinette. Des échos de la journée ont été assemblés par des représentants de chaque atelier. Anna Lammfuss et Nicolas Verguin du Collectif ça gronde et l’historienne Frédérique Neau-Dufour, qui avaient prêté leurs oreilles tout au long de la journée, ont partagé leurs impressions pour conclure que l’écoute est essentielle pour une démocratie vivante. Après une collecte renversée où chacun.e a reçu en cadeau une pensée sur la démocratie, les paroles de l’atelier du théâtre forum nous ont envoyé :
« Nous nous sommes rassemblés pour nous rendre compte que nous étions de plus en plus isolés.
Nous avons échangé au sujet de manque de communication dans nos sociétés.
Nous nous sommes écoutés et avons pu partager nos points de vue, nos perceptions personnelles.
Il ne nous reste plus qu’à continuellement chercher à comprendre l’autre, son point de vue, son vécu, afin de nous reconnecter. »
Un petit bal folk, exercice démocratique par excellence, laissant la place à chacun et obligeant à être attentif à l’autre, a permis de prolonger encore cette belle journée riche et étonnante…
