Pour notre sixième conversation pour l’émission Polychrome sur RCF-Alsace autour du thème de l’itinérance, nous avons invité Dominique Collin, un philosophe et théologien belge, qui réfléchit et écrit sur les itinérances du christianisme.
À partir de Kierkegaard et de Nietzsche, ses travaux portent sur la possibilité du christianisme dans un monde déchristianisé.
Auteur du livre « Le christianisme n’existe pas encore « (Salvator, 2018), il postule que, malgré les deux mille ans d’histoire chrétienne, malgré la déchristianisation et les églises qui se vident, le christianisme n’a même pas encore commencé. Tout est encore à venir.
Un échange autour de la rébellion anarchique de l’amour du christianisme originel, son appel à une liberté inouïe, à la vie vivante et l’importance d’une foi incrédule…
Du 18 au 23 août, Dominique Collin sera l’invitée au Climont pour animer une session sur le thème « Savoir croire – tout un art ».
Cinq jours avec Dominique Collin pour creuser cette question du savoir croire à travers des temps de réflexion, de marche, des exercices artistiques, d’échange et d’écriture…
L’hiver s’est effacé, les prairies du Climont sont en fleurs et cette année, le printemps est plein de vie et de forces qui inspirent notre projet.
Comme une graine qui lentement germe à l’abri des regards, il entre dans une phase plus visible : bientôt les bâtiments et terrains appartiendront à l’association ABC-Climont, la générosité et le soutien des donateurs qui ont permis ces acquisitions sont des encouragements infiniment précieux.
Nous travaillons à la construction d’animations variées pour donner corps et sens à la démarche, vous découvrirez aussi dans cette lettre d’information la présentation du projet qui doit faciliter la collecte des fonds nécessaires à l’aménagement du site.
Merci encore pour votre regard, votre accompagnement et le partage avec d’autres de cette belle aventure, osez cette montagne si riche en sources à l’occasion des rencontres et fêtes prochaines pour un paisible et joyeux temps d’échanges.
Du jeudi 27 avril au dimanche 30 avril 2023 Cécilia Dutter a mis en lumière le trésor des écrits d’Etty Hillesum et les précieux outils de développement personnel et spirituel qu’ils renferment en suivant les trois étapes majeures du parcours que cette dernière a emprunté : se connaître soi-même, rencontrer l’autre, s’ouvrir à l’Absolu.
Ecoutez Cécilia Dutter parler d’Etty Hillesum et son itinérance spirituelle, qui nous donne aujourd’hui des outils pour affronter notre actualité!
« Trois jours dans la lumineuse aura d’Etty, trois jours ponctués par des temps d’enseignements suivis d’ateliers, trois jours d’échanges riches, denses et fructueux, couronnés par le magnifique spectacle « Et toujours, la vie est belle » de la comédienne Jeanne Barbieri, qui nous ont tous ressourcés pour reprendre la route, nourris de la sagesse hillesumienne. » Cécilia Dutter dans la lettre mensuelle aux amis d’Etty Hillesum.
Après une conférence au Temple Neuf à Strasbourg le jeudi soir, un groupe de 18 personnes est monté au Climont pour y passer trois jours ensemble. Cécilia Dutter, auteure de trois livres consacrés à Etty Hillesum et présidente de l’Association des Amis d’Etty Hillesum nous a accompagné dans notre lecture de l’œuvre de cette jeune femme juive néerlandaise de vingt-sept ans qui, de 1941 à 1943, tandis que les Pays-Bas étaient occupés par l’ennemi nazi, a tenu un journal à Amsterdam, puis une correspondance envoyée du camp de transit de Westerbork. Face à la barbarie, sa voix s’élève pour opposer au mal une indéfectible foi en l’homme et en la beauté de la vie, témoignant en cela d’une résistance spirituelle héroïque. Elle sera envoyée à Auschwitz où elle mourra, le 30 novembre 1943.
Et toujours, la vie est belle! Jeanne Barbieri et Gregory Dargent, dans un cabaret théâtral et poétique imaginé par Claude Brozzoni. Dans l’espace culturel de Breitenbach (67) le samedi 29 avril.
« Un poème peut commencer quand quelque chose ou quelqu’un qui était relégué dans les marges du jour et qu’on sent pourtant porteur d’un désir de parler… A ce moment là, le travail du poète c’est d’écouter ce qui cherche à se dire… Le rôle du poète, c’est le rôle d’un traducteur, d’un interprète. »
Du dimanche 12 au mercredi 15 mars 2023, nous avons passé trois jours au Climont avec le poète Jean-Pierre Lemaire pour explorer le thème de la frontière à travers des ateliers d’écriture dans le cadre du Printemps des Poètes et Poéstra, le festival de poésie spirituelle à Strasbourg.
Jean-Pierre Lemaire nous a invité à
adopter le point de vue de l’étranger qui passe (ou a passé) la frontière.
adopter le point de vue de celui qui voit arriver, reçoit (ou refuse de recevoir) l’étranger.
prendre en considération dans le poème le rapport à une langue étrangère.
évoquer le passage d’une frontière intérieure qui a marqué une coupure dans l’existence et fait voir les choses avec une distance nouvelle.
Retour sur l’atelier d’écriture à l’école maternelle d’Urbeis
C’est le 10 mars que notre service civique, Margot Pfend est allée donner un atelier d’écriture à l’école maternelle d’Urbeis. Cet atelier d’écriture s’inscrit dans la continuité du printemps des poètesqui a lieu au mois de mars et qui a pour thème les frontières.
En compagnie de la directrice Cathy Flageolet Margot a créé une trame principale autour du voyage et de la traversée des frontières. Les enfants de maternelle sont ensuite venus un à un compléter cette trame et imaginer l’histoire au fur et à mesure. Par la suite, après avoir relu l’histoire plusieurs fois avec tous les enfants, ces derniers étaient invités à illustrer leur partie préférée.
Cette épopée parle de montagnes, de lieux très précis et surtout d’animaux, la voici :
Aya et Maël partent en vacances pour faire un voyage parce qu’ils veulent aller voir la mer et aller dans le sable. Ils décident aussi d’aller en Savoie car ils veulent aller dans les grandes montagnes pointues. Aya et Maël prennent le 4X4 et montent dans la montagne puis vont dans un bateau vert et bleu. Ensuite, ils vont en Haute Savoie à Chamonix et rencontrent un spinosaure. Le spinosaure dit » Bonjour Aya et Maël, vous êtes dans un monde de dinosaures à Chamonix ». Aya et Maël disent » avec un 4X4 je vais visiter la montagne après je vais aller avec la tortue. La tortue va sur le toit du 4X4″. Ensuite, ils voient une autre tortue et se disent » Oh qu’est-ce qu’on va faire de cette tortue ? ». Sur le chemin, ils décident d’adopter un cochon qui s’appelle Cochon. Mais finalement Aya et Maël se rendent compte que le cochon est un fantôme qui danse la tecktonik. Ce fantôme s’appelle en réalité Equilète Carré Méchant. Il a pleins d’os sur lui. Aya et Maël rencontrent ensuite plusieurs animaux à Lyon.
Les animaux qu’ils rencontrent sont un yack, un crocodile plein d’eau et un ours sur un grand bateau.
Un éléphant attend le bus et il dit à Aya et Maël » Coucou, le bus attend, montez avec nous ». Ces derniers prennent le bus dans lequel il y a aussi un loup, un requin et un dauphin. Ils sortent ensuite du bus. Aya et Maël vont dans la forêt et Marius achète un 4X4 bleu et va les rejoindre dans la forêt.
Dans la forêt ils rencontrent un T-Rex et un autre dinosaure noir et les deux mangent de la viande rouge. Un autre dinosaure et un loup sont aussi à côté et mangent eux aussi de la viande rouge.
Ils rencontrent par la suite des chevaux bruns et noirs et Aya et Maël montent dessus pour rentrer chez eux.
Des enfants qui construisent des digues, repoussent les vagues, creusent des tranchées.
Je suis allée dans cette maison à quatre étages qui donne sur une mer de brume, pour écrire.
Je voulais raconter une histoire, ancrée dans un immeuble démoli il y a quelques semaines seulement, sur la côte ouest, à Soulac. Il s’appelait Le Signal. Il a été évacué car l’eau s’approchait trop de ses portes et menaçait ses fondations. Il est resté abandonné pendant des années, vandalisé et abîmé par le sel de l’océan qui voulait sans doute entrer voir… Des fenêtres ont été brisées. En faisant mes recherches, j’ai découvert qu’une autrice avait déjà écrit un livre, « Le Signal », où elle raconte comment elle en est tombée amoureuse. Amoureuse de l’endroit, de la vue, des objets qu’il restait… amoureuse de ce tag : « Ici, on a été heureux ».
Alors bon, j’étais triste et frustrée et surtout, ça a fait remonter en moi des trucs pas très élégants, du genre : des peurs d’artiste, des désirs de posséder, et des discours de fin du monde :
Que reste-t-il à raconter ?
Je voudrais que tous les bâtiments en ruines du monde, toutes les fissures, les moisissures soient ma propriété. Les maisons englouties, les immeubles insalubres : Je voudrais qu’ils soient tous nés de mon imagination poussés sur les terrains fertiles dans ma tête, pour ne plus risquer de me les réapproprier comme un colon de la misère et de la beauté. (Et il ne suffit pas de dire « je ne veux pas être colon ! » pour ne pas l’être).
Je voudrais acheter toutes les maisons englouties et tous les immeubles détruits pour pouvoir les montrer et dire: C’est chez moi, ici ! Je ne rêve pas de vivre les pieds dans la boue, non, ce n’est pas tellement ça… mais ces endroits me parlent de moi, de mes désirs de destruction, de comment je me vis, de l’intérieur, de ma fascination pour Le Chaos, moi qui ai grandi dans une maison où jamais rien ne s’est brisé, pas une assiette, pas une fenêtre dans cette maison où j’ai grandi (et me vient en tête une mélodie), les sols et les murs n’ont jamais tremblé. Je n’ai connu ni incendie ni inondation ni effondrement. Les murs nous ont caché du monde, des rues, des bus dangereux et des médecins-squelettes que je voyais errer dans mes cauchemars.
Et puis m’est venue cette image de l’eau qui monte et qui monte et qui engloutit le monde entier, sans que personne n’ose bouger. Une lente tragédie, celle du dérèglement climatique, de la montée des eaux et de l’érosion des sols mais aussi celle d’une famille à la communication lacunaire et aux sentiments pudiques, qui se laisse engloutir par ce qui les dépasse. Une tragédie presque silencieuse faite de longues didascalies qui pourrait exister aux quatre coins du monde.
J’ai cherché d’autres lieux, ai découvert la Faute-sur-Mer, Saint-Clément-des-Baleines, Notre-Dame-de-la-fin-des-Terres et puis : Saint-Palais-sur-Mer.
Le Palais[extrait]
Le père vérifie que la porte soit bien fermée à double-tour, il regarde son arme sur la table, hésite à la ranger mais la laisse là, puis il se poste devant la fenêtre, le regard vers l’horizon. Il respire fort. Le petit garçon se lève, va demander à son papa : « Papa, maintenant je peux mettre ma queue de sirène ? ». « Oui ». Il répond en le regardant à peine. Il y a des choses plus graves. Le petit garçon ouvre sa valise et sort sa queue de sirène (un déguisement). Il laisse son pantalon et son manteau en boule sur le sol. La mère s’est calmée, elle ferme les yeux et lève la tête dans cette sorte de béatitude qui vient juste après les larmes.Après tout, ils sont chez eux. Et ils n’en partiront plus.
Un grand merci à l’association ABC Climont, qui m’a offert ce temps suspendu pour commencer l’écriture d’une nouvelle pièce. Merci surtout à Chris Doude Van Troostwijk et Alexandra Breukink pour leur accueil et leur plaisir à partager les savoirs et leur « soupe du désert »…
Du dimanche 12 au mercredi 15 mars 2023 : trois jours avec le poète Jean-Pierre Lemaire pour explorer le thème de la frontière à travers des ateliers d’écriture.
L’atelier d’écriture du Climont emprunte son thème au 25ième printemps des poètes. Frontières : le thème de cette année semble particulièrement propice pour un atelier d’écriture au Climont. Situé sur les anciennes frontières de la France et de l’Allemagne, le Climont a été un lieu de refuge pour les mennonites venus de Suisse; lors des deux guerres mondiales, les habitants du village ont fait passer la frontière à des personnes persécutées. Mais les frontières du Climont ne sont pas que historiques et géopolitiques. Avec ses presque 1000 mètres d’altitude, la montagne du Climont invite à prendre de la hauteur et de dépasser les frontières qui trop souvent cherchent à séparer. Un lieu entre ciel et terre pour creuser les frontières qui marquent nos existences.
Jean-Pierre Lemaire est un poète français. En 1999, il reçoit le Grand prix de poésie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.
Trois jours en sa compagnie pour passer la frontière, accueillir l’étranger, goûter à des langues inconnues, toucher à nos frontières intérieures.
Poestra
L’atelier du Climont fait parti du Festival de poésie spirituelle Strasbourg: du 12 au 19 mars 2023
Pour sa 2nde édition, le Prix des poètes de la Parole se dédouble, en ouvrant deux concours distincts :
Un concours « jeunes » à destination des 18-35 ans.
Un concours « Recueil » ouvert à tous, sans condition d’âge.
La participation est gratuite. Les œuvres sont à envoyer à partir du 1er novembre, et jusqu’au 28 février par courriel à l’adresse poetesdelaparole@gmail.com, ou à défaut par courrier postal à : Prix des poètes, Église Saint Paul, 1 place Eisenhower, 67000 Strasbourg.
La remise des prix aura lieu à lors du Festival de poésie spirituelle, le 19 mars 2023.
Présentation plus complète et règlements ci-dessous:
En écho du Printemps des poètes, Margot Pfend, notre service civique, animera un atelier d’écriture pour les enfants de la maternelle de l’école primaire d’Urbeis, le vendredi 10 mars,
Je vous adresse mes vœux très chaleureux, joyeux et paisibles, mes vœux très sincères de réussite dans vos projets personnels et dans ce projet collectif que nous continuerons à porter ensemble avec une sereine détermination.
Le projet de lieu d’accueil, d’échanges, de formations autour du bien croire ne cesse de progresser et de s’enrichir de bonnes volontés et de propositions qui nous confortent dans le bien-fondé de cette belle initiative.
A la veille de Noël, la dernière vidéo dans la série « C’est quoi, la Vie? ». Avec Luc Reuiller, le boulanger de Turlupain. Un clin d’oeil vers cette très vieille histoire, qui se déroule à Bethléem: la maison du pain en hébreu.
» Il faut aimer… » , avec ces derniers mots de ce petit film, toute l’équipe d’ABC-Climont vous souhaite un Noël où l’essentiel sera au cœur de nos préoccupations: le partage du pain et d’une parole de Vie!